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Depuis l’annonce des résultats officiels du deuxième tour des élections présidentielles en Ukraine du 7 Février 2010, nous assistons à une nouvelle alternance démocratique encore parsemée d’embûches dans ce pays de l’Europe de l’Est qui était autrefois un pays sous domination Soviétique et actuellement convoité par la grande puissance Russe.

Si pour certains auteurs comme O’DONNELL et SCHMITTER ou encore Samuel HUNTINGTON, la consolidation d’une démocratie passe nécessairement par au moins trois alternances démocratiques, l’Ukraine qui a passé ce cap de ce nombre d’alternances ne semble pas tout à fait avoir acquis une véritable maturité démocratique.

En effet, après la proclamation des dits résultats qui donne la victoire au candidat dit pro-russe Viktor IANOUKOVITCH au détriment de la candidate dite pro-européenne Ioulia TIMOCHENKO, un constat surprenant ou pas est fait, celui de la contestation des résultats par la défaitiste ; des questions se posent donc à notre entendement, à savoir : « face à cette contestation, sommes-nous dans le cas habituel du mauvais perdant ou au contraire dans le cas d’une contestation justifiée légitime et légale ?

Ioula TCHIMOCHENKO ne jouerait-elle pas son joker politique ? Ne devrait-elle pas se préparer pour des élections prochaines ou pour construire une opposition solide et stable face à ce nouveau pouvoir qui a incarné également durant des années l’opposition ?»

Face à tant de questions qui n’en sont sans doute pas, les seules inquiétudes que peuvent nous traverser l’esprit, mais également qui peuvent traverser l’esprit des Ukrainiens, des Européens mais également de la communautaire internationale, il convient de dire que sollicitant une adhésion aux grandes organisations régionales et internationales telles que l’Union Européenne (UE), de par sa participation au Partenariat pour la Paix de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), l’Ukraine doit avant tout respecter les principes fondamentaux de l’Etat de Droit et de la Démocratie dont l’un des aspects apparaît au travers de ces élections.

Ainsi, en sa qualité de membres de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), l’Ukraine a eu droit à la participation de cette institution en tant qu’observateur international, et les représentants de cette dernière ont rapporté que ses élections ont été transparentes et claires sans ambages et sans fraudes.

Compte tenu de ce rapport de l’OSCE, représentant l’observation de l’Europe à ces dites élections, pourquoi six jours après un silence qui a fait couler beaucoup d’encre ?

La candidate perdante affirme avoir des preuves de fraudes massives et que plus d’un million de bulletins aurait été ajouté en faveur du candidat vainqueur.

Qui entre l’OSCE et TIMOCHENKO croire ?

Une chose sûre est que Ioula TIMOCHENKO a eu toutefois l’occasion de faire ses preuves en tant que Premier Ministre de l’Ukraine depuis 2007 et cette contestation de sa part semble plutôt représenter les tares d’une mauvaise perdante.

Cela risque de retarder le processus de transition.

Pour une avancée considérable et probable de l’Ukraine, au plan démocratique, économique, social, culturel, régional et international, il faut pour les différentes souches politiques (en particulier pour le camp perdant) accepte des sacrifices.

Cette avancée doit être également conditionnée par une acceptation des dits résultats et de la dite situation en pensant surtout au peuple : l’Ukraine ne se résume pas seulement aux politiques tels que IOUTCHENKO, IANOUKOVITCH ou TIMOCHENKO la consoivent, mais également aux peuples et aux citoyens ukrainiens qui ne demandent que stabilité, paix et développement à leur pays.

Néanmoins, un aspect de cette situation politique est salutaire : le fait que la candidate vaincue dans sa volonté de contestation n’appelle aucun de ses partisans à manifester comme à l’époque de la « Révolution Orange ». Cela fait montre d’une bonne volonté politique de ne pas plonger l’Ukraine dans l’hécatombe qu’elle a autrefois subi.

Espérons que dans un futur proche, cette nouvelle alternance démocratique (qui semble être l’expression réelle des urnes et telle que l’ont déclaré les observateurs internationaux) puisse suivre son cours sans créer à nouveau de véritables maux aux Ukrainiens et Ukrainiennes.

Les politiques ukrainiens doivent pour ainsi dire faire preuve de sagesse politique afin de permettre au pays de bien préparer son avenir européen mais également international quand nous savons que, géopolitiquement, l’Ukraine est un pays stratégique de transition de nombreuses ressources énergétiques au sein de l’Europe Orientale.

Reste-il à espérer et à croire que le camp perdant puisse, au nom au de l’avenir prometteur et du développement Ukrainien, permettre le déroulement de cette transition qui voit la sortie des leaders de la « Révolution Orange » de 2004 et l’arrivée de ceux pour qui cette dite révolution avait été organisé.

Essuih KOFFI

Master 2 Etudes Européennes et Internationales

Spécialiste de l’Intégration Communautaire et de la Politique Européenne de Voisinage.

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