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Le 5 janvier dernier, le président islandais Ólafur RAGNAR GRÍMSSON, a annoncé qu’il comptait soumettre la loi Icesave à un référendum. Cette décision inattendue jette davantage le trouble autour de l’adhésion de l’Islande à l’Union Européenne.

Chronologie :

  • Octobre 2008 : faillite de la banque en ligne Icesave
  • 17 juillet 2009 : dépôt officiel de la candidature à l’Union Européenne
  • 5 janvier 2010 : le président rejette la loi Icesave
  • 6 mars 2010 : référendum sur la loi Icesave
  • Fin 2010 / début 2011 : référendum sur l’adhésion à l’Union Européenne

Le bateau islandais tangue à nouveau suite à la décision du président de ne pas valider la loi Icesave.

Celle-ci prévoit le remboursement des épargnants floués par la faillite en 2008 de la banque en ligne Icesave, à hauteur de 3,8 milliards d’euros, soit environ 40% du PIB islandais.

L’annonce du président Ólafur GRÍMSSON jette ainsi un froid à Reykjavik mais surtout à Londres et à Amsterdam, d’où venait la majorité des investisseurs .

La volonté de soumettre ce texte à un référendum fait suite aux pressions de quelques 60 000 Islandais (un quart de la population) qui n’entendent pas payer pour les erreurs des banques. Selon l’accord initial signé par le gouvernement de Jóhanna SIGURÐARDÓTTIR, chaque islandais se trouverait dans l’obligation de payer de sa poche 12 000€. « Ce n’est pas Icesave, c’est Iceslave (slave voulant dire esclave en anglais) » affirment certains.

Preuve de ce refus de soumission, un sondage récent indique que 61% de la population serait contre une telle loi. Pour le gouvernement, c’est la douche froide. Après d’âpres négociations, le gouvernement s’était engagé à rembourser les épargnants lésés d’ici à 2024 ; les Pays-Bas ayant fait du remboursement une condition non négociable avant d’étudier toute possibilité d’adhésion.

Icesave : un frein à l’adhésion ?

Crédit photo : STR New / Reuters
Reste que cette affaire attise les tensions entre l’Islande, les Pays-Bas et l’Angleterre, et peut, si elle n’est pas réglée au plus vite être un frein à l’éventuelle adhésion de l’Islande dans l’Union Européenne. L’enjeu de cette consultation est capital car, même s’il ne s’agit pas directement de se prononcer pour ou contre l’intégration à l’Union Européenne, le résultat pourrait être perçu comme tel. Un « non » au remboursement pourrait alors considérablement ralentir les négociations d’une éventuelle adhésion et pénaliser le pays politiquement et économique parlant, l’isolant davantage.

Pour le moment la sortie du tunnel ne semble pas en vue, puisque les ministres des Finances des pays concernés se sont rencontrés sans qu’aucun consensus ne soit trouvé. Dans le même temps, la rencontre entre le Premier ministre, Jóhanna SIGURÐARDÓTTIR et José Manuel BARROSO, président de la Commission Européenne, le 4 février dernier, se veut encourageante.

Le ministre a ainsi déclaré à Reuters : « Il n’existe aucun lien entre Icesave et notre processus d’accession à l’Union Européenne, et il serait très illogique d’en établir un ». Reste à savoir si les mots seront suivis de faits ou si le feuilleton Icesave nous réserve encore quelque épisodes houleux…

Stephany BAUDRILLARD, Angéline CORBET, Julien LEPRIEUR, Coline SINZOT

Master 1 Journalisme Européen

Université de Reims Champagne-Ardenne

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